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Le R. P. Michel Breydy

(Expert au Concile Vatican II)

 

Pour l’église, c’est le temps de la démocratisation

 

Archive: George Fouad Breydy 

Le R.P. Michel Breydy (42), entreprend depuis quelques années des recherches sur les manuscrits orientaux dans les bibliothèques d’Europe. Il passe actuellement ses vacances au Liban.


Auteur de plusieurs ouvrages, son premier livre, « le vrai visage de l’Église » publi
é initialement en Arabe, paraîtra prochainement en Français. Docteur en théologie et en droit, il a participe avec la délégation libanaise aux travaux de Vatican II.


Président de l’association : « l’Emmaüs Libanais », il profite de ses vacances d’été pour entreprendre avec un groupe d’amis la construction d’habitations destinées à loger des familles pauvres.

Au cours d’un entretien avec notre collaboratrice Mary Azoury, le père Breydy pariera surtout de Vatican II et de l’influence qu’il a exercée sur l’évolution de l’Église romaine.

 

- Quel a été l’apport des maronites au concile Vatican II ?

- Un témoignage essentiel, plutôt qu’un apport scientifique, expressif de la tradition maronite.

 

- A quoi cela est-il dû ?

- Au manque de théologiens spécialises dans les traditions orientales. Nos théologiens les plus réputés sont des élèves de la théologie occidentale.

 

Privilèges et responsabilités

- Vatican II a-t-il abouti a une décentralisation par rapport à Rome, ou si vous préférez, à une autonomie patriarcale ?

- Toute société chrétienne est certainement colorée par des éléments particuliers, ethniques, géographiques, culturels. La centrale des églises Catholiques ne peut pas prendre des décisions valables pour le bien de société chrétienne de chaque pays, parce qu’elle n’est pas au courant des détails et ne connaît pas tout le contexte. Les décisions locales relèvent de l’autorité patriarcale, à condition qu’elles ne compromettent pas l’autorité de la Centrale Romaine.

 

- Où en sommes-nous au Liban ?

- Peu de choses ont été réalisées dans le sens de l’autonomie patriarcale. L’autonomie, non pas des privilèges, mais celle des responsabilités par rapport aux sujets du Patriarcat, et répondant aux exigences de l’évolution nationale, sociale et morale. Cette autonomie patriarcale a été réalisée légèrement dans le secteur social, il reste beaucoup à faire.

 

Le Patriarche est le successeur des Apôtres

- Comment définiriez-vous le Patriarche ?

- Tout comme il doit l’être : le vrai successeur des Apôtres. C’est la colonne sur laquelle s’appuient les autorités ecclésiastiques locales.

 

- Où en sont les rapports de l’Église et de l’État au Liban ?

- Dans une phase d’évolution, l’église subit actuellement l’influence de la démocratie. Il y a une prise de conscience de la part des fidèles de leurs responsabilités, autant que leurs droit.

 

- Pouvez-vous nous citer des cas ou cette démocratisation a eu des résultats satisfaisants ?

- Une expérience valable est celle de l’église catholique allemande. Elle a confié a des experts comptables laïcs le soin de faire les comptes des dépenses des diocèses a la fin de chaque année. Les évêques exposent les copies de leurs livres de compte dans leur paroisse, les livres sont ainsi accessibles aux fidèles, qui le désirent. Car ceux qui acceptent les honneurs doivent aussi accepter les charges. La démocratisation consiste en une participation plus active des laïcs à la vie de l’Église, qui est la leur.

 

Le vrai visage de l’Église

- Comment concevez-vous le vrai visage de l’Église ?

- Selon l’enseignement et les conclusions de Vatican II. En premier, la mise en relief sur le plan légal de la valeur de chaque personne baptisée, indépendamment de son statut.

En second lieu l’acceptation de la critique constructive. Chaque personne laïque a, de par son appartenance à l’Église, le droit d’exprimer son opinion sur certains points non dogmatiques. En fait, c’est l’aptitude des laïcs à participer a l’administration des biens ecclésiastiques.

 

- Ce point est-il tellement important ?

- Certainement, du moins en tant que principe. Nous revenons à la véritable communauté chrétienne. L’autorité cléricale n’est pas illimitée. Elle est limitée du fait même que nous sommes les mandataires du Christ.

 

- L’œcuménisme est-il en progrès au Liban ?

- Oui, grâce surtout aux fidèles qui en ont compris la véritable portée. On constate en réalité une meilleure entente entre les diverses communautés chrétiennes.

 

Excellentes orientalistes allemands

- Au cours de ses recherches sur les manuscrits orientaux, le père Breydy a effectué plusieurs séjours en Allemagne Occidentale où il a visité nombre de bibliothèques. Qu’en a-t-il récolté ?

- Au Liban, répond-il, nous ignorions souvent les orientalistes allemands, du fait même que nous ne connaissions pas leur langue. Or, il est un fait : les chercheurs allemands ont une rigueur et une profondeur peu communes dans l’investigation scientifique. Nous étions, du fait de notre culture ou éducation, sous l’impression que seuls les orientalistes français et anglais existent. J’ai simplement contribue a lever le voile sur les œuvres gigantesques des Allemands dans les domaines historique, archéologique, géographique, anthropologique, effectuées dans cette région.

 

- En quoi consiste « l’Emmaüs Libanais » ?

- cette association a été crée au lendemain de la visite de l’Abbé Pierre au Liban. Elle groupe un certain nombre d’architectes, d’ingénieurs, de médecins, etc … qui travaillent bénévolement pour les pauvres. Actuellement nous construisons des maisons. Nous en avons fait une soixantaine, et espérons pouvoir continuer.

 

- Est-ce une œuvre strictement chrétienne ?

Aucun confessionnalisme dans notre travail. En fait, nous avons déblayé cet été deux routes pour des villages exclusivement musulmans. La religion est une affaire strictement personnelle. Seuls, la bonne volonté et l’amour du prochain sont requis pour faire partie de « l’Emmaüs Libanais ».

 

(Propos recueillis par Mary Azoury)

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