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Those Who Remain – ميّل يا غزيّل

Photos from the film: 

 

 

 

 

 

Press release:

 

Film Review: ‘Those Who Remain’  (Jay Weissberg)

 

An older man clings to his land in northern Lebanon, unwilling to allow it to become part of the country’s fractious identity politics post-civil war.

There are so many documentaries from Lebanon about the civil war and its consequences that critiques inevitably end up bandying around the same words: scars, open wounds, futility, sadness. The accumulation of personal stories can sound generically similar, which is why it takes such an exceptional filmmaker as Eliane Raheb (“Sleepless Nights”) to offer fresh perspectives that restore the uniqueness of each experience while acting as a broader cry for reconciliation — even when the director herself obliquely questions whether rifts have become too great to heal. “Those Who Remain” movingly provides specificity with broader implications, focusing on a tenacious older man clinging to his family land in the north, where sectarianism has blotted out memories of a more amicable past. Winner of Dubai’s Special Jury Prize, the documentary deserves a bright festival future.

Raheb’s approach is all the more refreshing because she refuses to pretend that her presence doesn’t interfere: We hear her asking questions, and note her subjects’ awareness of the camera. Knowing that total objectivity is a lie (Lebanon’s unique history has taught at least that), she seeks a greater truth by skillfully revealing as much as possible, not just of her immediate subjects, but of their environment, without feigning either omniscience or invisibility. “Those Who Remain,” by its very title, is about the land, in this case in Lebanon’s northern Akkar District, adjoining Syria and composed of Christian, Shia, and Sunni towns.

Raheb immediately introduces her main subject, Haykal Mikhael, but only gradually adds pieces to the puzzle. A Christian with longstanding ties to the terrain, he has a sheep farm and apple orchards and is personally building, stone by stone, a large house with restaurant for himself and his family. Yet his wife left him (for reasons never said), taking their four children, so the new house becomes a tangible symbol of hope’s determination against all probability. In their absence, what remains is a sense of emptiness that elides with the general state of loss suffusing the territory.

At a glance, the Akkar District appears to be an idyllic locale, boasting Lebanon’s largest and most pristine forest. Wooded slopes are dotted with towns and villages, which Raheb films year-round, capturing fields of wildflowers in spring and snow-covered valleys in winter. However, as Mikhael points out, each community has become increasingly partisan: Sunni villages remain Sunni, Maronite Christians oppose sales to “outsiders,” and the memory of a time when Muslim neighbors protected the monastery in Kobayati (aka Al-Qoubaiyat) is practically forgotten.

Of course, this collective amnesia has its origins (or better, its accelerant) in the civil war. Mikhael’s role is unambiguous, although the full meaning of his affiliations will be clearest to locals who retain definite associations with his Tanzim militia as well as the people mentioned, such as notorious commander Elie Hobeika. However, Raheb isn’t interested here in exactly what he did as a soldier, but what he took away from the experience, and as Mikhael says, the war taught no lessons. The land is the only constant, yet his struggle to keep it non-partisan stands in contrast with those who use it to deny other communities ownership. Property becomes a tool for exclusion rather than a source of nurture, even among friends — Mikhael was involved in a lawsuit with his chum from childhood, Antoine Daher, and although the friendship seems to remain, the contested land lies fallow, sacrificed to selfishness and a self-defeating idea of punishment.

Unquestionably, “Those Who Remain” is a melancholy assessment of Lebanon’s future, despite frequent moments of warmth. Mikhael’s resourcefulness is a reminder that the fruits of the earth can sustain hope as much as stomachs, yet it would be interesting to see Raheb make a companion piece, focusing on the neighborhood’s younger generation irrevocably shaped by the civil war’s aftermath. Will they remain? Will Maronites continue to feel squeezed out, and how will the chaos in Syria impact the province? The documentary doesn’t provide direct answers, yet what’s implied doesn’t leave room for much optimism outside of individual resolve, and nature’s ability to heal itself.

Raheb’s insistence on not disguising her presence (though she’s only heard and not seen) acts as an effective counterpoint to fly-on-the-wall style documentaries, contradicting the notion that “truth” can be found only through one form. Her studied eye for handsome, meaningful compositions always overcomes occasional rough camerawork.

http://variety.com/2016/film/reviews/those-who-remain-review-1201945072/ 

 

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Antoine Daher (ELLE cinéma 27-2-2017)

TERRE, NATURE ET EXCLUSIONS

Prix spécial du jury du Festival International du Film de Dubaï cette année, "Those who remain" est un documentaire saisissant.

Problèmes de terroir devenant choix de vie, obsessions des uns et ouvertures des autres, et cet autre Liban que peu connaissent, Eliane Raheb nous invite à déguster son dernier cru de 95 minutes.

Après le retentissant succès de "Layali Bala Noom" (Nuits sans sommeil) s’intéressant au Beyrouth des disparus et des faiseurs de guerre, c’est vers le nord du nord du Liban qu’Eliane Raheb est allée piocher un coin, des gens et plusieurs histoires.

 

CONTRASTES ET DIVERSITÉS

Chambouc est un lieu-dit surplombant, à 1100 mètres, les quartiers de Kobayat. Un homme, Haykal, y vit, accroché à sa terre et à un mode de vie solitaire.

Son auberge est un vrai carrefour où se croisent des gens d’un microcosme très diversifié. Aux pieds de Karm Chbat, forêt de cèdres, sapins et genévriers jouxtant Qammouaa et ses splendeurs naturelles, l’endroit qui fait partie de Kobayat maronite, donne sur Beit Jaafar chiite, dans le Akkar majoritairement sunnite. Un lieu qui se complaît, serein et insouciant, à quelques kilomètres de la Syrie qui bouillonne. Chambouc n’est rien d’autre qu’un Liban en miniature, riche en histoires et points d’interrogation.

Et en contrastes. La terre et l’attrait de la vie moderne, le village et la ville, la laïcité et le confessionnalisme, l’ouverture et le sectarisme, l’amour de la nature et ces camions de la pollution et de la destruction qui arrachent sable et pierres du ventre des carrières minant les forêts du Akkar et du Hermel, avec l’approbation du pouvoir qui ferme les yeux… 

 

 

L’HOMME TERROIR

Dans ce Chambouc de la solitude, Haykal a élu domicile et vie. Il y est près de la terre qu’il cultive, de ses animaux et de ses idées qu’il met en pratique. Loin de philosopher la chose, il la vit. La région grouille de mille et une histoires d’extrémistes ayant capturé des promeneurs par-ci, par-là, des gens transitant du Akkar au Hermel, des Daesh qui seraient sur le point d’attaquer, etc. Haykal n’en a que faire.

Vivant en paix dans son milieu et avec lui-même, il n’a pas peur de l’autre. Même pas de l’avenir. La terre est sa confiance et son ancrage. Alors qu’il a à affronter tous les jours la poussière des camions venant des carrières, la chute des prix des produits agricoles, les répercussions économiques et politiques de la crise en Syrie et un confessionnalisme sectaire et montant, il persiste et signe son choix définitif de rester à Chambouc. Pourtant, tout l’incite à partir. Il est vétérinaire, il peut trouver partout du travail, ses enfants sont entre Beyrouth et des capitales d’Europe. Mais non. Il sent que plus que jamais, il a à défendre son projet, rien qu’avec ses deux mains qui n’arrêtent pas d’œuvrer. 

 

LE STYLE RAHEB

Très prisé dans le Akkar, le kebbé Raheb est un plat végétarien fait à base de bourghoul et de lentilles. Le cinéma Raheb y ressemble un peu. Mayyil Ya Ghzayyil est bien végétarien dans son ambiance et ses visuels.

Superbes paysages, des saisons qui se suivent et qui se laissent filmer par Jocelyne Abi Saab, laquelle a de la suite dans les images. Nous sommes emportés dans un Liban autre, plus vrai, plus simple, et très beau. Eliane Raheb, qui sait transposer à l’écran la complexité d’une réalité plurielle, a su voir du cinéma dans le quotidien d’un homme seul, livré à son terroir. "À son niveau, et à sa manière, cet homme affronte et résout des problèmes du même ordre que ceux qui pèsent sur le pays alors que nous ne savons pas comment y remédier, dit Eliane. Sans trop théoriser, il y va. Paisible, heureux et décidé". Et la vie continue, avec ceux qui restent.

 

Antoine Daher 

(ELLE cinéma 27-2-2017)

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Jeudi 23 mars 2017, l'orient le jour
Cinéma: Le Liban et son éventail de films hauts en couleur

« Those Who Remain » d'Éliane Raheb.
Ce documentaire de 95 minutes suit la vie quotidienne de Haïkal, paysan et agriculteur qui vit à Shambouk, au nord du Liban, à quelques kilomètres des frontières syriennes. À travers les quatre saisons, la nature qui change, donnant à voir une sublime palette de couleurs, la cinéaste interroge Haïkal et décrypte cet attachement à la terre dans un climat géopolitique très dur où les multiples confessions s'imbriquent, formant un tableau complexe. On est déjà familiarisé avec le travail de cette cinéaste laborieuse qui passe parfois deux ans à produire un film, ; à son style mi-documentaire, mi-reportage qui inspecte, fouille, sonde les personnages jusqu'à leur profond intime. Après Sleepless Nights en 2012, Éliane Raheb présente un film moins tourmenté, teinté de douceur, d'humour et d'espoir. Plus lumineux que le précédent, Those Who Remain est une belle leçon de vie. Espérons qu'il pourra atteindre le plus grand public possible et qu'il pourra faire le tour des villages et des municipalités.

Ref: https://www.lorientlejour.com/article/1042357/le-liban-et-son-eventail-de-films-hauts-en-couleur.html

 

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إليان الراهب: أنشودة الأمل في جرود عكّار

علي وجيه - العدد ٣٠٧٤ الاثنين ٩ كانون الثاني ٢٠١٧  - جريدة الاخبار


في أعالي عكّار، يعيش «هيكل». «الشمبوق» اسم المنطقة. الحدود السورية أقرب من الوصف. قلعة الحصن على مرمى النظر. الأديان والطوائف متلاصقة. التاريخ معشّش في الذاكرة. التأثير متبادل. بين «القبيّات» و«عكّار العتيقة» و«حلبا» والحدود، تبقى الأرض، ويرحل أهلها.

هيكل مسيحيّ ستيني. لا يملّ من الزراعة، وإدارة مطعم صغير. تعاونه «رويدة» التي تعتبره أباً وملجأ. صديقه المقرّب «أنطوان» يأتي للزيارة. الخلاف التاريخي بين العائلتين حول الأرض، لم يمنع الرجلين من تجاوزه، واحتساء بعض الأقداح. المناظر خلّابة. الكسّارات مزعجة. الحرب السوريّة جاثمة. المواسم صراع وجلد وصبر جميل.

هذه أجواء جديد إليان الراهب (1972) «ميّل يا غزيّل» Those Who Remain، الذي فاز بجائزة لجنة التحكيم في «مهرجان دبي السينمائي الدولي» الأخير، إثر عرضه العالمي الأول في مسابقة «المهر الطويل». شتّان ما بين «هيكل» المرتبط بالجذور والأشجار، وبين أسعد الشفتري في «ليالٍ بلا نوم» (2012 - 5 جوائز، منها أفضل وثائقي في مهرجان Birds Eye View بلندن)، الذي ارتكب الفظاعات في الحرب الأهليّة قبل أن يتلو فعل الندامة كما رأينا في الشريط. مع ذلك، يعترف هيكل أنّه أطلق النار دفاعاً عن النفس آنذاك. الشريطان متباعدان أيضاً. الجديد أكثر بساطةً وهدوءاً وتقيّداً بجغرافيا واحدة، غير أنّهما يشتركان في التسامح كتيمة ودعوة.

من دون تكلّف، تبني الراهب الثقة مع أبطالها. تنفذ إلى العمق كما اعتادت منذ الروائي القصير «العرض الأخير» (1995)، حول ارتباط فتاة (إليان نفسها) بدار عرض سينمائي لجدّها. في «لقاء» (1996)، بدأت بتفكيك ما بعد الحرب الأهليّة، من خلال اجتماع ثلاثة أشخاص مختلفي الرؤى، يجولون بسياراتهم في شوارع بيروت. بعدها، دخلت المعترك الوثائقي، متابعةً رصد الحروب في القلوب والذاكرة. «قريب بعيد» (2002) عن الانتفاضة الفلسطينية في عيون أطفال من لبنان والأردن ومصر. «انتحار» (2003) عن العرب المنخرطين في غزو العراق بطريقة أو بأخرى.

نضج أكبر أظهرته إليان في «هيدا لبنان» (2008 - جائزة الامتياز في مهرجان ياماغاتا الياباني)، عن مخاوف وتناقضات الطوائف. انطلقت من الذاتي (كما الكثير من السينمائيين اللبنانيين)، لتلمّس الشرخ بين الجيل القديم المتشبّث بعصبيته، وقسم من الشباب الساعي إلى التحرّر منها. في السجالي الحاد «ليال بلا نوم» (2013)، جمعت الصحافة الاستقصائية مع سينما ما بعد الحرب، لنبش ملف مفقوديها. الحصيلة مقبرتان جماعيتان. جرعة أمل للأهالي، وشعلة حراك للمنظمات الحقوقية المهتمة. بعدها، سخرت في دقيقتين كوميديتين من حال الكهرباء في «محتجلك قوي» (2015).

هكذا، يمكن تفهّم حاجة إليان الراهب إلى شريط مسالم مثل «ميّل يا غزيّل»، بعد كل ذلك العمل الإشكالي المعقد.

بمجرّد قيام صديقتها التي تمارس رياضة المشي في المنطقة بتعريفها على هيكل، وجدت فيه المعاني المنشودة. التأصّل في المكان، بعيداً عن الهراء الإثني والطائفي، وفوق ترهات السياسة. الحفاظ على الوجود ضروري للجميع. لا أحد قادر على تعويض الآخر أو أخذ مكانه. الجغرافيا كائن مستقل باقٍ. ملك نفسها، وليس لمن يزرعها كما يُشاع. بحضور هيكل (الأرض) ورويدة (العائلة) وأنطوان (العلمانية)، يلتئم الثلاثي المتمرّد على البنى القائمة. اختلافهم عن «القطيع» ضامن لتحالفهم غير المعلن. كلّ منهم يحتاج إلى ما يمثّله الآخر.

عبر ثلاثة فصول، هي «هيكل الشمبوق»، و«الأرض»، و«العتبة» (عناوين أحبّها هيكل للفيلم)، تسرد إليان الكثير عن ماضيه وحاضره. تسجّل تحوّلات المناخ، وانقلاب الفصول، وتجديد البيت العتيق. مفاجأة أنّ التصوير اقتصر على 11 يوماً فقط. السر أنّه تمّ على مدار عام كامل، مع انتقاء مواعيد التغيّرات المقصودة. هذا مردود التحضير المسبق، والبحث الوافي، في فيلم البطل الواحد (سيناريو وتوليف وإنتاج إليان الراهب). انكسارات هيكل مرتبطة بأحداث ذاتية وعامّة (الطلاق، هدم المزرعة، الصراع على الأرض، رحيل معظم الأبناء وأهل المنطقة إلى بيروت والخارج...). لذلك، تشدّد العدسة على جمال منطقة، لا يسمع اللبنانيون عنها سوى أخبار الفقر والحوادث الأمنيّة (تصوير جوسلين أبي جبرايل). تخرجها من سجن الصورة النمطية، إلى نقاء الأوكسجين ورحابة المدى.

في المحصلة، هذا فيلم جميل، قادر على منح الأمل، وبعث التفاؤل. ماهر في التذكير بالمنسيات. ليس من باب النوستالجيا الفارغة، وإنّما من الحاجة والضرورة، وحلاوة روح «الذين بقوا». التفاعل بين الطبيعة الصامتة، والبشر المتحدّثين ساحر في التأثير ومغازلة الوجدان. هيكل اسم على مسمّى. لا غريب أنّه راغب في الخلود و«عمل الكونترول» بعد الموت. هو أرض على هيئة رجل.

 http://www.al-akhbar.com/node/270574

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Ref: Those Who Remain, ميّل يا غزيّل , Haykal Mikhael, Eliane El Raheb