Saydet El-Kalaa
J. Gaudard, La Sainte Vierge au Liban, 1955, p: 223-230


A présent, voici l'Asie. Au-dessus de la plaine irriguée du bord de mer, une sorte de plateau terne, pelé, où les culture se discernent à peine de la jachère, où l'œil doit faire effort pour découvrir quelques hameaux de basalte noir, aux masures de pierres sèches, collées au sol, à moitié enfouies. "Terre de bronze", disait le cavalier de 1900, cahoté huit heures durant "sans une ombre, sans une source, sous un soleil fou".

 

La voiture nous aura évité cette épreuve, sinon d'autre, - Oh ! l'horrible guimbarde surchargée, aux arrêts interminables! Mais notre surprise n'est pas moindre lorsque, sur le plateau grisâtre, se précisent deux points d'un blanc très lumineux.

 

- Saïdé! criai-je spontanément, sans les avoir encore jamais vues.

 

C'est Notre-Dame du Fort, qui eut, autour de 1900, son heure de célébrité.

 

De loin, l'étroit plateau sur lequel est posé le sanctuaire semble, à qui vient du sud, faire corps avec le reste du pays. Mais à mesure que l'on approche, on le voit se détacher, s'isoler, s'effiler en pointe entre deux ravins; à l'arrivée, l'on s'aperçoit que le petit couvent domine la vallée frontière du Nahr-el-Kébir, l'Eleutherus des Anciens, profondément encaissée entre le Liban et le Mouhafazat syrien de Lattquié. Au fond, c'est à peine s'il y a place pour un sentier au bord de l'eau.

 

Dès leur entrée dans le Akkar, les Croisés en marche vers Jérusalem remarquèrent la force de cette position. Un certain Gilbert de Puy-Laurent s'en empara, et bâtit ou restaura le fortin dont les traces se voient encore à l'Est du plateau. C'était le Casal Felicium, l'actuelle Qallaat-Félis.

...

Ce lieu, voici quatre-vingts ans, était nu. Seuls sur l'actuel emplacement de la chapelle, prés d'une citerne de quelques chênes-verts, de gros blocs taillés, violement bouleversés , laissaient entrevoir le dessin d'une église et d'un autel. Ces pierres, noires de fumée, ici ou là luisaient d'huile. Autour, des veilleuses cassées, des fragments de chandelles, des cailloux votifs entours d'un chiffon, des traces de foyers.

 

Depuis longtemps des Maronites habitent la région. La profession de foi émise à

Qannoubîne en mars 1579, pendant la première mission du P.Eliano, porte la signature de plusieurs de leurs curés. Il y a aussi quelques Melkites.

 

De temps en temps venait une paysanne ; elle brûlait de l'encens ou des plantes aromatiques, se frappait la poitrine ; un cavalier attachait son cheval à un arbre, faisait des prostrations devant l'autel et s'en allait. D'autres suspendaient un linge à une branche. D'aucuns, arrivés le soir, allumaient des veilleuses et s'étendaient sur le sol. Les gens de Ozzair alors, sur l'autre rive du Nahr-el-Kébir, voyant les lumières, se demandaient quel malade était allé dormir à Saïdé.

 

Le 8 septembre, en la fête de la Nativité de Marie, il s'y faisait un pèlerinage fameux.

 

La veille s'amassaient sur le plateau les gens des localités les plus éloignées.

 

Ensemble ils chantaient, priaient la Vierge, puis se couchaient dans les ruines et dormaient d'un sommeil qui portait bonheur.

 

A l'aube accouraient les villages voisins, Maronites, Grecs-orthodoxes, Turcmans sunnites, Alaouites, tous unis dans une même pensée : la Saïdé des ancêtres. Jamais plus pittoresque, exhibition de ghombazes, d'armes, de chevaux! Toutes les pauvres richesses du Akkar venues parader devant Notre-Dame.

 

Chacun pendant la Messe, se livrait de bruyantes dévotions. Le repas suivait, famille par famille, à moins qu'un pèlerin, pour acquitter un vœu, n'ait fait les frais d'un festin commun : mouton ou chèvre noyés dans un immense chaudron de borghol.

 

L'appétit satisfait, commençaient les jeux : chants, dabkés au son de la flûte et du tambourin, luttes, coups de fusil… Chacun enfin se retirait, emportant pour les malades une pognée de terre et une gargoulette d'eau tirée de la citerne de Saïdé.

 

... phénomènes étonnants suivirent. Marie semblait vouloir sauvegarder la foi de ses fidèles et maintenir le pèlerinage, jusqu'au jour où des mains le restauraient, connues d'elle seule.

 

Cette restauration, tous les désiraient. Chaque année, au rassemblement de septembre, il en était question. Mais les pauvres gens du Akkar manquaient d'églises jusque dans leurs villages.

 

La première construction de Saydet El-Kalaa

 

... en 1872, un homme de Menjez, Boulos el-Khoury-Soleiman, tomba dans une maladie étrange : ses forces déclinaient, il fut vite à peu près importent. Les médecins l'avaient jugé incurable, et bientôt on ne l'appella plus qu'el-Marîd (le malade). Des années s'écoulèrent en de grandes souffrances.


Un soir, l'incurable se fit traîner aux ruines.
- Dame très miséricordieuse, s'écria-t-il, je fais vœu, si tu me guéris, de te bâtir une chapelle ici !
Il se coucha près de l'autel pour l'incubation sacrée.


Au réveil, il rentra seul à Menjez, guéri. On cria au miracle. Ce fait est un immense retentissement : on en parla jusqu'à Homs et dans les villages Nosaïris.

 

Le soir même de sa délivrance, le Marîd revenait aux ruines. Il venait de quitter sa maison, sa femme et ses quatre enfants. Il ne s'appartenait plus, il était à Notre-Dame du Fort.

 

Pour élever sa chapelle, il lui fallait quelques argents. Il se fit le quêteur de Saïdé. Le cheikh Ibrahim, propriétaire du terrain, grand serviteur de Marie, fut parmi les généreux. Le 25 mars 1877, en la fête de l'annonciation, l'ancien malade commençait la construction.

 

Bientôt lui vint un auxiliaire. Une bonne fille de Debbebié, Khazma, songeait à entrer dans un couvent de la montagne. Apprenant l'œuvre du Marîd, elle vint lui offrir ses bras robustes et son petit avoir en argent et en terres.

 

Les deux bâtisseurs jeûnaient tous les jours en l'honneur de la Vierge ; le samedi, c'était au pain et à l'eau. Ils priaient en travaillant, et quand Khazma, désormais chargée des quêtes, se mettait en tournée, le chapelet ne quittait pas ses doigts.

 

En avril 1878, la chapelle était terminé, très pauvre, toute grise, mais qui parut une cathédrale, en cette région où pas un village n'avait d'église convenable. Le Marîd y joignit une masure, défricha le rocher, fit paître des chèvres, installa quelques ruches, et créa un petit royaume à Notre-Dame.

 

Sur ce plateau isolé, ces pauvres biens semblaient une proie offerte. Mais Marie savait les défendre. On narre à ce sujet de curieuses histoires, dans le genre de la suivante :

 

Deux Turcmans, Abbas Horayk et Omar, fils de Hassan, étaient venus contempler la nouvelle maison de Saïdé. Abbas y aperçoit dans un coin une corde et une serpette, et s'en empare sans façon. Omar cependant était sorti de la chapelle et l'appelait du dehors. Le voleur ne répond pas.
Il veut sortir, mais il ne retrouve plus la porte. Pensant quelques minutes il tâtonne ; enfin, épouvanté, il jette corde et serpette à la terrible Saïdé et la porte reparaît aussitôt.

 

La leçon avait porté. Apprenant qu'on allait construire une grande église, Omar tint à venir y travailler ; il contait son aventure à qui voulait l'entendre.

 

La chapelle du Marîd en effet ne devait être que provisoire ; le brave homme rêvait lui-même pour sa Vierge une installation moins précaire.

 

Les Jésuites prennent en main Saydet El-Kalaa

 

Or, ces années quatre-vingt, rayonnait sans trêve autour de sa résidence de Homs un inlassable apôtre. Du P. Joseph Barnier, S.J., un de ses frères en religion déclarait : "Cet homme est une sirène ; par sa charité il attire tout le monde à lui". Rien n'arrêtait cette charité, ni son zèle. Un trait suffit :

Je me rappelle… que le P. Barnier venait chez nous, à Macheta-Beit-Sarkis, et dormais chez nous puisque mon père était le curé Sarkis Bachour. Ma mère lavait au P. Barnier ses habits, et plusieurs fois, quand il revenait des villages, elle lui brûlait ses chemises en laine, parce qu'il en revenait rempli de poux. Elle lui disait : " Mon Père, n'allez plus dans les villages sales parce que vous serez malade ". Et le Père lui répondait : " Laissez-moi y aller et y mourir pourvu que je sauve une seule âme… ".

 

Il lui fut sans nul doute donné d'en sauver beaucoup. Il avait commencé en 1880 ses tournées dans les villages orthodoxes du Akkar et de la "Vallée des Chrétiens", au sud de la Montagne alaouite. Dix ans plus tard, il voyait nommer à Tripoli, en la personne de Mgr Joseph Doumani, le premier évêque d'un diocèse dont, à part ceux de Cheikh Mohammed, tous les fidèles - et tous les prêtres - avaient été par lui ramenés à l'Unité.

 

Il ne délaissait pas pour autant les Catholiques de toujours. Les Maronites du Haut-Akkar lui doivent leur première école: Andequet, 1888. Il entendit parler de Saïdet-el-Qalaa ; il y passa, y séjourna. En septembre 1892, il y réunit pour une retraite les curés des environs, dans a masure du El-Marid. L'exiguïté de celle-ci était telle que plusieurs couchèrent dans la chapelle ou sur la terrasse, à la belle étoile.

 

Pendant ces quelques jours, le Père examine, fouille les ruines, interroge. Quel souvenir se perpétuait en ces lieux ?

 

Une Vierge des Croisades, bien sûr. Les ruines de la Qalaat-Félis en donnaient l'évidence. Mais peut-être Notre-Dame y était-elle honorée bien auparavant ? Ce rassemblement du 8 septembre, qui, de temps immémorial, réunit toutes les confessions, décèle une origine byzantine, sinon païenne, tout comme la grande foire annuelle du couvent orthodoxe de Saint-Georges, assez proche, au nord du Nahr-el-Kébir. Il y a encore, à un peu plus d'une heure de marche, cet autre oratoire de la Vierge, Maqam-er-Rab, "le Sanctuaire du Seigneur", dans les ruines d'un temple grec (Beit Jaalouk)… Sans doute y eut-il ici, comme en cent autres endroits, un lieu de culte antique, converti en église en Vème siècle.

 

Peu à peu, dans l'esprit du Père naissait l'idée que la Sainte Vierge lui demandait de ressusciter le sanctuaire, d'en faire un centre apostolique pour le Akkar.

 

Cette pensée lui parut bien envoyée par le Ciel quand, la retraite finie, une députation menée par le Marîd lui vint offrir ce lieu, à condition pour lui de restaurer la chapelle et d'ouvrir une école aux enfants des environs. Il savait sa bourse vide et la chose presque impossible.

 

- C'est bien, dit-il, Dieu veut cette œuvre, elle réussira.

 

Six ans après (1898), le désert avait fleuri. Sur le plateau se voyaient des école, des salles pour les pèlerins, un pied-à-terre pour les missionnaires… de nombreux enfants, enfin l'église, la nouvelle église de Notre-Dame.

 

Faite de basalte, avec les pierres du vieux castel, mais toute crépie de blanc sous un toit de tuiles rouges, elle met dans le paysage une note de gaieté qui se remarque de très loin. L'intérieur en est moins heureux, en faux roman, enduit d'un badigeon grisâtre. Mais qu'importait aux braves gens! Le Chemin de Croix en plâtre bariolé, les statues saint-sulpiciardes, tout cela dépassait leurs espérances; et le P. Goudard les voyait s'avancer dans l'église, "timidement, à petits pas, comme ils le feraient dans un des palais enchantés dont parlent leurs légends". Ce qui les séduit, c'est la Vierge du Puy au-dessus du porche, la Vierge de Lourdes sur les maître-autel, dans une niche dont les tourelles voudraient symboliser la Qalaat-Félis. N'est-ce pas là leur Saïdé, venue du Ciel pour les consoler et les guérir.

 

Comme s'achevait les constructions, le P. Banier expirait à Marseille. A cinquante-trois ans, d'épuisement, toute son âme tournée vers le Akkar très aimé, où Marie continuerait l'œuvre.

 

Et de fait, au début du siècle, le pèlerinage connut un essor magnifique. Chaque jour, des groupes de quinze, vingt, parfois cinquante personnes ; le dimanche, des centaines; le 8 septembre, il en serait venu jusqu'à vingt mille. Ecoutons le pèlerin de 1900:

 

En arrivant, les mères lavent leurs enfants (malades) avec l'eau de la citerne, puis vont les étendre dans le sanctuaire et les endormir en priant. A leur réveil, beaucoup sont guéris, et leur mère leur montre du doigt la Saïdé blanche qui domine l'autel…

 

Impossible de n'être pas ému devant la foi des pèlerins. Ils se prosternent, interpellent Notre-Dame à haute voix, pleurent. Souvent ils passent plusieurs jours sur le plateau, mangeant leur grossière galette près de la citerne, la nuit dormant par dévotion dans la chapelle, sous une température très rigoureuse… On en a vu coucher dans l'église encore en construction, en plein vent et sous la pluie…

 

Avant de repartir, ils font provision de terre et d'eau de Saïdé… Cette terre opère beaucoup de guérisons. (Ils) en portent sur eux ; ils la boivent délayée dans un verre d'eau ; les émigrés d'Amérique en demandent, et on leur en envoie des sachets. On vient de très loin pour en prendre, les Musulmans comme les Chrétiens. Même remarque pour l'eau de la citerne. Un jour, un Musulmans fut scandalisé de ce que les pèlerins n'usaient pas de cette eau avec assez de respect.

- Mais c'est de l'eau récemment tombée du toit de l'église, lui dit quelqu'un.
- Qu'importe ! Elle a passé dans la citerne de Saïdé, elle est sacrée…

 

Il laissent des présents, de l'encens, de la cire, des figues, du doura (grains de maïs), une chevrette, un agneau, de l'huile, parfois de l'argent.

 

Un jour, au départ d'une douzaine de visiteurs, une femme se détache du groupe et revient :
- Tenez, dit-elle au Frère (sacristain), priez Notre-Dame d'accepter cette petite offrande que je lui offre de tout mon cœur.
Elle lui tendait cinq méjidiés - écus - probablement toute sa fortune. Cette femme avait les yeux pleins de larmes.

 

Quelle faveur avait-elle obtenu ? On ne l'a jamais su, car dans la simplicité de leur foi, ces bonnes gens ne trouvent rien de plus naturel que le surnaturel. Ils repartent souvent avec une grâce miraculeuse sans songer à la faire connaître.

 

La maison compta jusqu'à trois Pères et quatre Frères. Ils tenaient l'école, soignaient les malades, suivaient par les chemins les traces du P. Barnier. Le pays en était transformé. Très remarquable fut alors la floraison, à Menjez, des vocations sacerdotales et religieuses…

 

La guerre 1914

 

En 1914, les Pères expulsés, la maison ne put échapper au pillage. Les dégâts pourtant furent limités : Saïdé, une fois encore, gardait ses biens. De la Résidences de Homs, il ne restait, en 1918, que les murs ; mais lorsque le P. Paul Atallah, le 11 août 1919, rouvrit les protes des Notre-Dame du Fort :

 

Le Sanctuaire, écrit-il, me paraît aussi beau qu'autrefois, et aussi intact que s'il avait été fermé hier. Notre-Dame y trône avec majesté. Je la salue avec effusion. Quand j'engage la clef dans la serrure, au bruit, toute la foule se groupe au dehors devant la porte, et bientôt elle entre avec mille acclamations de joie, d'admiration et de reconnaissance envers Notre-Dame ; cependant que devant la porte le grand agha de Freidis tire des coup de fusil.

 

Le travail reprend : écoles, congrégations, tournées apostoliques. Les Pères signalent avec joie le retour à l'unité d'un groupe de Grecs du village d'Aidamoun, la conversion et le baptême au rite maronite d'une famille alaouite ; il continuent d'enregistrer les grâces accordées aux pèlerins. Mais les tranchées ont vu mourir bien des jeunes Jésuites, et les plus âgés disparaissent sans relève. La Montagne alaouite remuait, permettant de vaste espérances. Pour lui fournir des ouvriers il fallut quitter Notre-Dame du Fort.

 

L'Ordre Libanais Maronite prend en main Saydet El-Kalaa

 

L'Ordre Libanais Maronite a repris le couvent en 1925, lors du mandat du Père général Ignace (Ghnatios) Dagher (1913-1929), avec l'approbation du Patriarche Elie (Elyas) Houayek (1899-1932), puis il transforma en un monastère formé (Monastère canoniquement érigé), acheta aux Pères Jésuites mobilier et une partie des équipement, au prix de douze mille piastre (12000). Puis il le consacra à l'instruction des jeunes enfants et au service spirituel, au profit des visiteurs et des habitants de la région voisine. Il le restaura et le rénova.

 

Fidèle aux traditions de leurs aïeux, qui remontent à 1875, les habitants du village de Menjez et des environs continuent de célébrer d'une façon exceptionnelle, le 8 septembre de chaque année, la fête de la nativité de la Vierge Marie.

En espérant que ce monastère retrouvera son éclat, grâce à la bonne volonté des jeunes moines de l'Ordre Libanais Maronite, ce sanctuaire demeurera ainsi une citadelle de la foi et un témoignage chrétien dans cette région du Liban, si chère à notre cœur.


La forteresse des croisades
J. Gaudard, La Sainte Vierge au Liban, 1955, p: 223-230


Dès leur entrée dans le Akkar, les Croisés en marche vers Jérusalem remarquèrent la force de cette position. Un certain Gilbert de Puy-Laurent s'en empara, et bâtit ou restaura le fortin dont les traces se voient encore à l'Est du plateau. C'était le Casal Felicium, l'actuelle Qallaat-Félis.


Puy-Laurent le vendit à Raymond de Toulouse, comte de Tripoli, pour la somme de mille besants environ deux milles livres-or. Ce lieu, en 1142, passa avec le Krak des chevaliers aux mains des Hospitaliers; ceux-ci, quatorze ans plus tôt, avaient acquis déjà une propriété à Felicium; sur le site de l'actuel sanctuaire sans doute, où l'on a retrouvé d'anciennes citernes. Ces grands remueurs de pierre coupèrent d'une entaille profonde de quinze mètres l'extrémité du plateau, et sur la pointe ainsi isolée élevèrent un château assez vaste, avec une chapelle dédiée à leur patron saint Jean.

 

La citadelle, solidement posée sur le roc par de lourds talus de maçonnerie, surveillait, par delà la vallée de l'Eleutherus, les chemins de Tripoli vers Qalaat-el-Hosn et la plaine de Homs; elle échangeait, la nuit, des signaux de feu avec Chastel-Blanc de Safita, signalait les courriers venant des châteaux d'Arqa et du Krak, dont elle était le trait d'union. Alentour se groupaient une centaine de maisons;en cas d'alerte, leurs habitants se jetaient dans la place.

 

Sur la vie du Casal Felicium, nous n'avons aucun détail. Satellite du Krak, il dût en partager le sort, tomber aux mains des Mamelouks dès printemps de 1271. Démantelé, il s'abattit pierre à pierre, sans que pourtant le souvenir en disparût tout à fait.


voir aussi:
Cobiath (Kobayat) sous les Croisés: La Rive de Naher-El Kébir, par Dr.Père Cezar Mourani ocd.